"Racket" de l'Etat à Villeneuve-Loubet ? Le préfet des Alpes-Maritimes répond sèchement au maire Lionnel Luca

"Racket" de l'Etat à Villeneuve-Loubet ? Le préfet des Alpes-Maritimes répond sèchement au maire Lionnel Luca

Après les critiques formulées par le maire de Villeneuve-Loubet lors du dernier conseil municipal, le préfet des Alpes-Maritimes Laurent Hottiaux monte au créneau. Dans un communiqué particulièrement offensif, il dénonce des propos "inadmissibles" visant les services de l’État et réfute les accusations de "racket" concernant le logement social.

Le ton est inhabituellement ferme.

Dans un communiqué diffusé ce jeudi, Laurent Hottiaux, préfet des Alpes-Maritimes, a vivement réagi aux déclarations de Lionnel Luca, maire de Villeneuve-Loubet, rapportées par Nice-Matin après le dernier conseil municipal de la commune.

Le représentant de l’État dit condamner les attaques visant les services préfectoraux et apporte son soutien aux agents concernés. "Les propos du maire rapportés entre guillemets sur un “vichysme des services de l’État” sont inadmissibles", écrit-il.

L’essentiel de la réponse préfectorale porte sur l’application de la loi SRU, qui impose à certaines communes de disposer d’au moins 25 % de logements sociaux. Selon la préfecture, Villeneuve-Loubet ne respecte pas cet objectif depuis plusieurs années. Au 1er janvier 2022, la commune accusait un déficit de 1 474 logements sociaux et devait produire 487 logements locatifs sociaux entre 2023 et 2025.

Or, souligne l’État, sur les 679 autorisations d’urbanisme délivrées sur cette période, seulement 34 logements sociaux ont été agréés, un chiffre qualifié d’"extrêmement faible" et parmi les plus bas du département.

Lionnel Luca avait dénoncé ce qu’il considère comme un "racket" financier lié aux prélèvements imposés aux communes ne respectant pas leurs obligations en matière de logement social.

Une accusation rejetée par la préfecture. "Il n’y a donc aucun “racket” de l’État. Parler de “racket” de l’État est une INFOX puisque les sommes prélevées servent à soutenir les communes qui s’engagent dans la construction de logements sociaux", affirme le préfet.

L’État rappelle également que ces prélèvements n’alimentent pas le budget national mais financent notamment les aides à la construction de logements sociaux.

Dans la dernière partie de son communiqué, le représentant de l’État nommé récemment dans la région Pays-de-la-Loire, accuse directement le maire de tenir un discours différent selon ses interlocuteurs.

"Le préfet souligne qu’à plusieurs reprises la commune a sollicité les services de l’État afin d’obtenir la fermeture des établissements. Il ne peut donc pas s’émouvoir de leur situation actuelle, qu’il a lui-même souhaité et demandé aux services de l’État", écrit-il.

Une passe d’armes qui illustre les tensions persistantes entre la municipalité de Villeneuve-Loubet et les services de l’État sur les questions de logement et d’aménagement du littoral.