Deepfakes sexuels : l’administrateur niçois d’un site visant des célébrités condamné à deux ans de prison

Deepfakes sexuels : l’administrateur niçois d’un site visant des célébrités condamné à deux ans de prison

Le tribunal judiciaire de Paris a condamné un informaticien niçois à deux ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, pour avoir administré un site diffusant des centaines de milliers de contenus pornographiques truqués mettant en scène des personnalités féminines sans leur consentement.

La justice française vient de rendre l’une de ses décisions les plus marquantes en matière de deepfakes sexuels.

Un informaticien de 46 ans a été condamné par le tribunal judiciaire de Paris à deux ans d’emprisonnement, dont un an ferme sous bracelet électronique, ainsi qu’à 10 000 euros d’amende pour avoir administré un site internet diffusant massivement des contenus pornographiques falsifiés.

Selon l’enquête, le site hébergeait près de 300 000 photos et vidéos à caractère sexuel, dont de nombreux deepfakes réalisés à l’aide de l’intelligence artificielle.

L’audience du site pouvait atteindre jusqu’à 4 millions de visiteurs par mois. Son administrateur tirait des revenus des publicités affichées sur la plateforme.

Parmi les victimes figuraient de nombreuses personnalités françaises, dont Brigitte Macron, Audrey Tautou, Ségolène Royal ou Karine Le Marchand.

Treize d’entre elles s’étaient constituées parties civiles dans la procédure.

Interpellé début juin puis placé en détention provisoire, le Niçois a reconnu les faits dès sa garde à vue.

Lors de l’audience, cet homme jusque-là inconnu de la justice a déclaré avoir pensé agir "à la limite du légal" et a reconnu qu’il aurait dû mesurer les conséquences de son activité sur les personnes visées.

Le tribunal a finalement prononcé une peine moins sévère que celle réclamée par le parquet, qui demandait trois ans de prison dont deux avec sursis.