Nice : l’audit préconise 60 millions d’économies de plus

Nice : l’audit préconise 60 millions d’économies de plus
L’audit qualifie de "dette grise" les retards d’entretien du patrimoine public, dont le coût de rattrapage est estimé entre 369 et 534 millions d’euros.

Présenté jeudi 5 novembre par Éric Ciotti, l’audit des finances de Nice et de la Métropole recommande un nouvel effort de 60 millions d’euros. Le cabinet Ernst & Young alerte aussi sur les retards d’entretien des routes et des bâtiments publics.

Trente millions d’euros d’économies du côté de la Ville, autant du côté de la Métropole. C’est la répartition préconisée par le cabinet Ernst & Young (EY) pour stabiliser les finances des deux collectivités, selon le compte rendu de Nice-Matin. Cet effort s’ajouterait au premier plan de 60 millions d’euros engagé au printemps par la nouvelle majorité pour compenser la baisse de la fiscalité locale. Le chiffrage fixe un objectif. Les économies restent à trouver.

Commandé après l’arrivée d’Éric Ciotti à la mairie, l’audit a été mené entre mai et septembre 2026. Il couvre les comptes de la Ville et de la Métropole Nice Côte d’Azur, ainsi que ceux du centre communal d’action sociale et des régies métropolitaines. Le cabinet relève des dépenses de fonctionnement supérieures à celles de collectivités comparables et recense plus de 117 millions d’euros consacrés à des projets provisoires ou abandonnés.

3,07 milliards d’euros de dette sur le périmètre présenté

À la fin de 2025, l’encours présenté atteint 3,071 milliards d’euros. Ce total se répartit entre 529 millions pour la Ville, 1,702 milliard pour le budget métropolitain et 840 millions liés au projet de station d’épuration Haliotis, portés par une régie. À l’échelle de la seule commune, la dette s’élevait à 1 548 euros par habitant fin 2024, soit 55 % de plus que la moyenne des villes comparées dans l’audit.

Jusqu’à 534 millions d’euros de retards d’entretien

Le cabinet évalue entre 369 et 534 millions d’euros le coût du rattrapage des retards d’entretien du patrimoine public. Cette estimation, qualifiée de "dette grise", mesure des besoins de travaux distincts de l’encours des emprunts. Elle concerne notamment la voirie et les bâtiments publics. Parmi les 354 bâtiments examinés sous l’angle de l’accessibilité, 32 satisfaisaient aux normes pour les personnes à mobilité réduite.

Philippe Pradal, ancien premier adjoint aux finances de Christian Estrosi, conteste la lecture alarmante des comptes. Interrogé par Nice-Matin, il oppose à ce diagnostic la baisse des impôts décidée au printemps par la nouvelle majorité.