Un chevalier vieux de près de trois siècles plongé dans le monde contemporain. Orlando arrive ce mercredi soir sur la scène de l'Opéra Nice Côte d'Azur, première de quatre représentations programmées jusqu'au 6 octobre.
Composé par Georg Friedrich Haendel et créé le 27 janvier 1733 au King's Theatre de Londres, l'opéra s'inspire de l'Orlando furioso de l'Arioste. Son personnage principal, Orlando, est un chevalier tiraillé entre son désir de gloire et son amour pour Angelica, elle-même amoureuse de Medoro. Une jalousie qui conduit progressivement Orlando vers la folie.
Pour son arrivée à Nice, l'œuvre est confiée à la metteuse en scène Mariame Clément, qui assume de s'éloigner d'une reconstitution historique stricte.
"Je me méfie d'une prétendue fidélité à l'œuvre, qui a peu de sens dans la mesure où le contexte, le public, les références ont totalement changé", explique-t-elle dans sa note d'intention.
Orlando transformé en "Don Quichotte d'aujourd'hui"
La production joue ainsi sur la confrontation entre l'imaginaire chevaleresque d'Orlando et un environnement contemporain. La brochure de saison de l'Opéra de Nice présente le personnage comme un "véritable Don Quichotte d'aujourd'hui", partagé entre raison et passion.
Sur scène, cette confrontation se traduit notamment par un gigantesque heaume de chevalier, mais aussi par des environnements plus actuels comme un bistrot de quartier, un guichet d'aéroport ou un lampadaire de rue. Des textes projetés et des éléments liés à la psychiatrie participent également à cette exploration de l'univers mental du personnage.
"Avec Kaspar Glarner, le concepteur des décors et des costumes, nous voulions rendre l'histoire lisible aujourd'hui sans pour autant abandonner la grandeur épique", explique Mariame Clément.
Cette mise en scène n'est toutefois pas créée à Nice. La production, coproduite par l'Opéra Nice Côte d'Azur, l'Opéra de Lausanne et le Teatro de la Maestranza de Séville, a été présentée pour la première fois à Lausanne le 15 mars 2026.
À Nice, la direction musicale change. Jean-Christophe Spinosi dirige l'Orchestre Philharmonique de Nice, avec la participation de l'Ensemble Matheus.
Quatre représentations jusqu'au 6 octobre
Le rôle d'Orlando est interprété par Rémy Brès Feuillet. La page officielle actuelle de l'Opéra de Nice annonce Marie Lys dans celui d'Angelica, aux côtés de Fernando Escalona en Medoro, Emilie Rose Bry en Dorinda et Joan Martin-Royo en Zoroastro.
Une précédente version de la programmation annonçait Cristina Pasaroiu dans le rôle d'Angelica. La page officielle actuelle de l'Opéra ainsi que l'agenda professionnel de Marie Lys indiquent désormais cette dernière pour les quatre représentations niçoises, sans qu'une explication sur cette modification de distribution ait été identifiée.
Après la première de ce mercredi 30 septembre à 20h, Orlando sera de nouveau joué vendredi 2 octobre à 20h, dimanche 4 octobre à 15h et mardi 6 octobre à 20h.
L'opéra dure 2h45, entracte compris. Il est chanté en italien et surtitré en français et en anglais. Les tarifs annoncés s'échelonnent de 12 à 94 euros.






