Cinq minutes. C’est le temps qu’il aura fallu aux auteurs présumés pour décrocher quatre tableaux d’Auguste Renoir au musée de Cagnes-sur-Mer, mardi 8 septembre. Selon la préfecture des Alpes-Maritimes, le vol s’est déroulé précisément entre 5 h 48 et 5 h 53.
Le musée était équipé d’un dispositif d’alarme baptisé "Ramsès", permettant d’alerter immédiatement les forces de sécurité en cas d’intrusion. La première patrouille est arrivée sur place cinq minutes après le déclenchement de l’alarme, une intervention qui aurait précipité la fuite des auteurs présumés, selon la préfecture.
Les quatre œuvres avaient été décrochées, mais deux ont finalement été abandonnées sur place pendant la fuite. Parmi elles figure Coco Lisant, que les autorités indiquent avoir retrouvé intact. Deux tableaux restent donc recherchés.
Un "véritable commando" selon la préfecture
Dans son communiqué publié ce mercredi, la préfecture défend le dispositif de sécurité du musée, qu’elle présente comme répondant aux exigences applicables à ce type d’établissement. Elle estime que le site a été confronté à "un véritable commando préparé, équipé et déterminé".
Cette qualification émane de la préfecture et ne constitue pas, à ce stade, une qualification judiciaire des auteurs présumés.
L’enquête, ouverte par le procureur de la République, a été confiée au service interdépartemental de la police judiciaire. Celui-ci a été mobilisé sur place pour effectuer les premières constatations et investigations.
La surveillance du musée renforcée
Le préfet des Alpes-Maritimes s’est rendu sur les lieux mardi, accompagné notamment du directeur interdépartemental de la Police nationale et de représentants de la direction régionale des Affaires culturelles. Depuis le cambriolage, la surveillance sur place a été renforcée.
La Mission Sécurité Sûreté Audit du ministère de la Culture est également à l’œuvre sur place. Son intervention s’inscrit dans le cadre du Plan sûreté, qui a bénéficié durant l’été 2026 d’un fonds exceptionnel de 30 millions d’euros.
Les deux œuvres toujours recherchées sont Portrait de Madame Colonna Romano et La Jeune Femme au puits. Trois des quatre tableaux visés par le vol possèdent par ailleurs le statut MNR, attribué à des biens récupérés après la Seconde Guerre mondiale dont les propriétaires n’ont pas été identifiés.






