Un morceau publié début juillet par le rappeur parisien Boro700 provoque la colère d’Éric Ciotti. Le maire de Nice demande désormais à la justice d’examiner les infractions susceptibles d’être constituées par ce texte, qui enchaîne les allusions aux attaques terroristes commises en France.
Intitulé M*R*H, en référence à Mohammed Merah, le titre cite également Salah Abdeslam, le Bataclan et les attaques contre les terrasses parisiennes. Adolf Hitler, Satan et Allah sont aussi convoqués au fil de paroles volontairement provocatrices.
Mis en ligne le 7 juillet sur les plateformes musicales, le morceau approchait mercredi les 920 000 écoutes sur Spotify. Boro700 y rassemble plus de 213 000 auditeurs mensuels.
Les compagnes d’Éric Ciotti et Christian Estrosi visées
Le rappeur ne se contente pas d’évoquer les attentats islamistes. Il insulte également Éric Ciotti et Christian Estrosi en visant leurs compagnes à travers des propos sexuels particulièrement crus.
Dans deux courriers, le maire de Nice dénonce une volonté d’intimider les responsables politiques jusque dans leur vie privée. Il estime également que les références aux terroristes banalisent les crimes commis et portent atteinte à la mémoire de leurs victimes.
Ces paroles résonnent tout particulièrement à Nice, ville frappée par l’attentat du 14 juillet 2016. Éric Ciotti évoque une "blessure supplémentaire" pour les familles, les rescapés et toutes les personnes encore marquées par les attaques islamistes.
Dans une lettre datée du 3 août, Éric Ciotti demande au procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, d’étudier les qualifications pénales pouvant être retenues contre le rappeur et les éventuelles poursuites à engager.
Le maire a également saisi le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Il dénonce une diffusion de la haine et de la violence qu’il juge incompatible avec les valeurs de la République.






