Surtourisme : Menton, Roquebrune-Cap-Martin et Nice parmi les villes les plus touchées en France

Surtourisme : Menton, Roquebrune-Cap-Martin et Nice parmi les villes les plus touchées en France

Le littoral des Alpes-Maritimes fait partie des territoires les plus touchés par le surtourisme selon le classement national SurTouriscore 2026.

Menton et Roquebrune-Cap-Martin obtiennent la note la plus sévère de l’étude, tandis que Nice figure également parmi les villes où la pression touristique atteint un niveau très élevé.

Le classement national SurTouriscore 2026, réalisé par la plateforme Metricity à partir de données concernant 8 835 communes françaises, place Menton et Roquebrune-Cap-Martin dans la catégorie la plus critique avec une note E, correspondant à une pression touristique jugée « très forte ».

À Menton, les données montrent une importante concentration de logements dédiés au tourisme. La commune compte 1 958 meublés touristiques sur 29 519 logements, soit un taux de 6,6 %. Elle dispose également de 10 605 lits touristiques pour environ 30 600 habitants, soit 35 lits pour 100 habitants.

Autre facteur important : la part élevée de résidences secondaires. Elles représentent 42,8 % du parc immobilier mentonnais, avec plus de 12 600 logements concernés. La commune affiche également une forte présence de loueurs professionnels et une progression continue des locations de courte durée depuis plusieurs années.

Roquebrune-Cap-Martin encore plus sous pression

La commune voisine de Roquebrune-Cap-Martin présente une situation encore plus marquée. Elle obtient elle aussi la note E et dépasse Menton sur plusieurs indicateurs.

Près de la moitié des logements de la commune sont des résidences secondaires, avec un taux de 49,9 %. La capacité d’accueil touristique atteint 38 lits pour 100 habitants et la tension immobilière est particulièrement forte, avec des prix élevés et un accès au logement devenu difficile pour de nombreux habitants.

À l’inverse, certaines communes de l’arrière-pays comme Breil-sur-Roya ou Sospel connaissent une pression touristique beaucoup plus limitée, avec des notes plus favorables dans le classement.

Nice également touchée, notamment dans son centre-ville

La ville de Nice obtient également la note E dans le SurTouriscore 2026. La pression touristique y est particulièrement concentrée dans certains secteurs.

À l’échelle de la commune, les meublés touristiques représentent 4,5 % des logements. Mais dans le seul centre-ville, ce taux atteint 11,9 %. L’étude souligne aussi une forte concentration des bars et restaurants dans l’hyper-centre, avec une densité très supérieure au reste de la ville.

Cette concentration illustre un phénomène de pression touristique localisé, qui touche davantage certains quartiers que l’ensemble du territoire niçois.

De nouveaux outils pour limiter les effets du surtourisme

Face à cette situation, les communes peuvent désormais s’appuyer sur de nouvelles mesures prévues par la loi Le Meur. Ce texte vise notamment à limiter le développement des meublés touristiques et à favoriser le retour de logements destinés aux habitants permanents.

Les maires peuvent notamment réduire la durée maximale de location d’une résidence principale, instaurer des quotas de meublés touristiques ou encore réserver certains secteurs des plans locaux d’urbanisme aux résidences principales.

À Menton, la municipalité a déjà annoncé vouloir utiliser ces nouveaux leviers afin de renforcer l’offre de logements permanents et de mieux encadrer le développement des locations touristiques.