Alpes-Maritimes : un plan de relance du logement pour produire plus et réguler les meublés touristiques

Alpes-Maritimes : un plan de relance du logement pour produire plus et réguler les meublés touristiques
DR mairie de Roquebrune-Cap-Martin

Face à une crise du logement qui touche l’ensemble du territoire, le préfet des Alpes-Maritimes Laurent Hottiaux a présenté ce mercredi un plan départemental de relance du logement.

Objectif : accélérer la construction, développer le logement social, réguler les locations touristiques et faciliter l’accès au logement pour les actifs et les publics prioritaires.  

Dans un département où les prix de l’immobilier figurent parmi les plus élevés de France, l’État entend provoquer un véritable "choc d’offres".

Présenté ce 1er juillet par le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, le plan de relance du logement s’articule autour de sept axes visant à répondre à la pénurie de logements qui affecte aussi bien les ménages modestes que les classes moyennes et les entreprises du territoire.

Le diagnostic dressé par les services de l’État est sévère. Les Alpes-Maritimes comptent plus de 1,1 million d’habitants, mais également près de 25 % de résidences secondaires, soit un niveau largement supérieur à la moyenne nationale. Le marché locatif privé affiche des loyers médians de 15,1 euros par mètre carré pour les logements vides et de 20,6 euros pour les meublés.

La situation est tout aussi tendue dans le parc social. Fin 2025, plus de 60 000 demandes de logements sociaux étaient recensées pour un parc de 66 835 logements. La demande a bondi de 49 % depuis 2021.

Pour relancer la production de logements, l’État prévoit notamment la création d’une Commission Urbanisme État destinée à anticiper les blocages sur les projets les plus structurants et à réduire les risques contentieux.  

Cette mesure intervient alors que le nombre de logements autorisés est tombé à 4 035 en 2025, contre près de 7 900 par an avant 2020.

Encadrer davantage les meublés touristiques

Le plan prévoit également une mobilisation accrue des outils issus de la loi Le Meur afin de réguler le développement des locations touristiques de courte durée.

Les communes pourront notamment limiter davantage les locations saisonnières, instaurer des quotas ou réserver certains secteurs à la résidence principale. L’exemple d’Antibes est mis en avant : la ville a déjà réduit de 120 à 90 jours la durée annuelle autorisée pour la location touristique d’une résidence principale.

L’État souhaite aussi renforcer l’application de la loi SRU dans les communes déficitaires en logements sociaux. Le recours au droit de préemption, la mobilisation du foncier public ou encore la reprise de certaines compétences d’urbanisme par le préfet figurent parmi les leviers envisagés.

Le développement du bail réel solidaire, qui permet d’acheter un logement à un prix inférieur au marché en dissociant le foncier du bâti, fait également partie des mesures destinées à favoriser l’accession à la propriété pour les ménages modestes.

Pour le préfet Laurent Hottiaux, la question du logement dépasse désormais le seul cadre de l’habitat. "Dans un département où se loger devient difficile voire impossible pour une partie croissante des habitants, il faut produire plus, plus vite, et de façon plus accessible", affirme-t-il. "Nous devons loger ceux qui travaillent, étudient et vivent dans les Alpes-Maritimes."