L’affaire avait profondément marqué l’environnement de l’OGC Nice. Elle connaît aujourd’hui un tournant judiciaire.
Le parquet de Nice a annoncé ce samedi le renvoi devant le tribunal correctionnel de deux supporters ultras, soupçonnés d’avoir joué un rôle dans les violences commises contre des joueurs du club le 30 novembre 2025, au retour d’un déplacement.
Ce soir-là, le bus des joueurs niçois était attendu au centre d’entraînement par environ 300 supporters ultras, dans un climat décrit comme "tendu et agressif", marqué par des injures, cris et jets de fumigènes. Les images de vidéoprotection avaient montré plusieurs individus vêtus de noir, certains le visage dissimulé.
Selon les plaintes déposées le lendemain par deux joueurs de l’OGC Nice, un leader de supporters serait monté dans le bus en lançant : "maintenant il va falloir assumer". Les joueurs auraient ensuite été contraints de descendre au milieu des supporters.
Les deux victimes affirment avoir reçu coups de poing, coups de pied et crachats, tout en étant insultées par plusieurs supporters masqués, avant de parvenir à se réfugier dans le centre d’entraînement. L’un des joueurs s’était vu prescrire cinq jours d’ITT, l’autre aucune incapacité temporaire de travail.
Deux figures des ultras identifiées
L’enquête, confiée au Service local de police judiciaire (SLPJ) de Nice, a été ouverte pour violences aggravées, participation à un groupement préparant des violences ou dégradations et non-empêchement d’un délit contre l’intégrité corporelle.
Les investigations ont conduit à identifier deux hommes présentés comme des leaders ultras, régulièrement en contact avec certains membres du club selon plusieurs témoignages.
Le premier, né en 1983 à Nice, avait déjà été condamné notamment après un incident sportif en 2014 et plus récemment pour des faits de violences liés à un match face à Rome en septembre 2025, au préjudice d’un journaliste de Nice-Matin.
Le second, né en 1994, présente également plusieurs condamnations antérieures, notamment pour des violences en lien avec des manifestations sportives. Lors de la perquisition à son domicile, les enquêteurs ont découvert des couteaux à cran d’arrêt, deux bombes lacrymogènes et une matraque télescopique.
Placés en garde à vue le 28 mai, les deux hommes contestent toute implication dans les violences, assurant avoir au contraire tenté "d’apaiser la situation".
Déférés ce samedi en comparution immédiate, ils seront jugés lundi 1er juin à 13h30 devant le tribunal correctionnel de Nice. Le parquet avait requis leur placement en détention provisoire : le mis en cause né en 1994 a finalement été incarcéré, tandis que celui né en 1983 a été placé sous contrôle judiciaire.






